Oubliez les clichés : l’éthylotest ne se limite pas aux contrôles routiers. Les entreprises s’en servent pour détecter l’alcool au travail, les établissements scolaires s’y intéressent, et il n’est pas rare d’en croiser un dans un foyer. Autant dire que l’éthylotest a quitté le coffre des gendarmes pour s’installer un peu partout. Face à cette diversité d’usages, deux grandes familles se distinguent, avec quelques variantes qui bousculent la donne. Quelles sont ces différences concrètes, et vers quel modèle se tourner pour obtenir un résultat réellement fiable ? Parcourons les options sans jargon ni faux-semblants.
Les éthylotests chimiques
Les premiers modèles d’éthylotests étaient de type chimique, et cette technologie n’a pas disparu. Aujourd’hui encore, on trouve sur le marché l’éthylotest chimique, aussi appelé éthylotest à usage unique, ou éthylotest chimique à ballon. Ces dispositifs sont attractifs par leur prix, mais il faut les renouveler à chaque utilisation. Après un test, il n’y a pas de retour en arrière : il faut jeter le dispositif et en prendre un neuf.
Le fonctionnement repose sur une réaction chimique entre l’alcool présent dans l’air expiré et le réactif contenu dans le tube ou le ballon. Un changement de couleur signale la présence d’alcool. Sur le papier, ce système limite le risque d’erreur, mais il ne met pas l’utilisateur à l’abri d’un défaut de fabrication pouvant biaiser la mesure.
Autre limite, et pas des moindres : impossible de connaître le taux exact d’alcool avec ce type d’appareil. On obtient une réponse binaire : consommation détectée ou non, rien de plus. Pour savoir s’il reste en dessous du seuil légal, ou pour estimer la quantité réellement absorbée, il faudra se tourner vers une autre solution.
Les éthylotests électroniques
Deuxième grande catégorie, l’éthylotest électronique. Ce modèle est apparu après le chimique, précisément pour pallier ses faiblesses. On pourrait penser que la fiabilité est supérieure, mais qu’en est-il concrètement ? Pour comprendre, intéressons-nous à la technologie embarquée.
Les versions électroniques s’appuient sur des capteurs électrochimiques ou infrarouges pour mesurer la concentration d’alcool dans l’air expiré. Cette technologie offre plusieurs avantages : plus grande précision que les modèles chimiques, résultats détaillés, et simplicité d’utilisation.
Un écran numérique affiche directement le taux d’alcool détecté. Grâce à cette donnée chiffrée, il devient possible de savoir précisément le niveau d’alcoolémie, et, par extension, d’estimer le nombre de verres consommés. Ce type d’éthylotest équipe d’ailleurs les forces de l’ordre lors des contrôles routiers, pour vérifier si le seuil autorisé est dépassé. Le revers de la médaille : le prix reste plus élevé qu’un modèle chimique.
Les éthylotests professionnels
Pour aller plus loin, les agents de la circulation utilisent des Éthylotests Anti-Démarrage (EAD), une déclinaison professionnelle des versions électroniques. Ces appareils partagent leur principe de base avec les modèles électroniques classiques, mais ils bénéficient d’évolutions notables.
Ici encore, on retrouve les capteurs électrochimiques ou infrarouges et l’écran numérique. La différence se joue sur la précision, qui atteint un niveau supérieur. Ce n’est pas un hasard si le terme « professionnel » s’impose : la fiabilité et la rigueur sont au rendez-vous, bien au-delà des modèles destinés au grand public.
En revanche, cette performance a un prix. L’investissement initial est nettement plus élevé que pour n’importe quel autre modèle. Par ailleurs, l’utilisation d’un éthylotest professionnel peut nécessiter une formation spécifique, histoire de ne pas fausser les mesures.
Les éthylotests connectés
Dans la famille des éthylotests électroniques, les modèles connectés font parler d’eux. Sur le fond, ils fonctionnent comme tout éthylotest électronique classique, mais certaines fonctionnalités ajoutent une touche de modernité. La précision reste comparable à celle d’un appareil électronique standard, mais l’utilisation est simplifiée.
Ces dispositifs, équipés de capteurs électrochimiques, se démarquent par l’absence d’écran intégré. Les résultats s’affichent directement sur un smartphone ou un autre appareil connecté. L’utilisateur souffle, les données sont instantanément transmises, et l’alcoolémie apparaît sur l’écran du téléphone.
Ce type d’éthylotest trouve sa place en entreprise, où il peut servir à surveiller la consommation d’alcool parmi les salariés. Connecté à un système informatique, il devient facile d’enregistrer les mesures et de réagir rapidement en cas d’écart. Une évolution qui ouvre la voie à de nouveaux usages, loin du simple contrôle ponctuel.
Dans le flot des options disponibles, une chose ressort nettement : la précision s’affine avec la sophistication de l’appareil. À chacun de choisir l’outil qui correspond à ses besoins, mais une certitude demeure : face à un éthylotest, le hasard n’a pas sa place. Reste à savoir si la technologie saura un jour devancer l’imprévisibilité humaine.


