Précarité menstruelle : pourquoi les établissements de santé ont un rôle à jouer ?

En France, entre 2,8 et 4 millions de femmes manquent régulièrement de protections menstruelles faute de moyens. Ce chiffre, documenté par plusieurs enquêtes récentes, n’est pas qu’une statistique sociale : il a des conséquences sanitaires directes. Les professionnels de santé, souvent en première ligne face à ces situations, peuvent agir concrètement, y compris dans leurs propres locaux.

Des chiffres qui interrogent la prise en charge globale des patientes

Selon le Baromètre Hygiène et Précarité de l’IFOP publié en janvier 2025, 8 % des femmes ont renoncé à acheter des protections menstruelles par manque d’argent. Plus révélateur encore : 11 % reconnaissent avoir utilisé des produits de substitution non adaptés, une pratique aux risques infectieux réels. Ces comportements, souvent silencieux, peuvent conduire à des infections, à un retard de consultation, voire à un impact psychologique durable lié à la honte.

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Une femme dépense entre 100 et 150 euros par an en protections hygiéniques, selon la Caisse d’Allocations Familiales. Pour les ménages aux revenus les plus fragiles, ce poste de dépense peut suffire à créer des arbitrages douloureux. Les cabinets médicaux, cliniques, pharmacies et espaces de soins accueillent quotidiennement des femmes dans ces situations, parfois lors de consultations imprévues ou d’hospitalisations non planifiées.

Un geste simple, un signal fort

Installer un distributeur de protections menstruelles dans les sanitaires d’un cabinet ou d’un établissement de soins, c’est intégrer l’hygiène menstruelle dans la démarche globale de prévention. C’est aussi réduire concrètement un tabou encore présent dans les espaces de santé.

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Le distributeur à 2 compartiments proposé par Distrib Nature, disponible sur https://www.distrib-nature.com/product-page/distributeur-2-compartiments, illustre bien ce type de solution : fabriqué en France, il accueille jusqu’à 40 serviettes et 110 tampons, se fixe au mur sans raccordement électrique, et peut être rechargé par n’importe quel membre du personnel. Son prix de 129 € TTC le place dans un investissement accessible, notamment pour les structures qui reçoivent un large public féminin.

Des collectivités ont déjà franchi le pas à grande échelle : à la rentrée 2024, les 82 collèges publics de la métropole de Lyon ont été équipés de distributeurs de protections gratuites. La région Hauts-de-France a étendu ce dispositif à l’ensemble de ses lycées volontaires. Ces initiatives montrent que la logistique n’est pas un obstacle majeur quand la volonté est là.

Un mouvement de fond qui touche aussi le milieu professionnel

Pour l’année scolaire 2025-2026, l’État finance des déploiements dans 89 territoires expérimentaux. La dynamique s’étend progressivement aux espaces professionnels et associatifs. Selon Distrib Nature, ce sont déjà plus de 4 000 structures françaises qui auraient adopté ce type d’équipement, des entreprises aux lieux culturels en passant par les cabinets médicaux et les espaces associatifs.

Il n’existe pas, à ce jour, d’obligation légale nationale imposant ces équipements dans les entreprises ou les établissements de santé. Mais l’absence de contrainte réglementaire rend d’autant plus visible l’engagement de celles et ceux qui font le choix d’agir. Pour un cabinet de gynécologie, une maison de santé ou un centre de soins infirmiers, mettre à disposition des protections menstruelles relève autant de la cohérence professionnelle que de l’engagement citoyen.

Pour aller plus loin sur les enjeux de santé des femmes et les ressources disponibles, vous pouvez consulter les actualités santé femme de France Médicale.

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