Un chiffre brut, presque implacable : 17 % des jumeaux donnent naissance à des jumeaux. Qu’importe le côté du berceau familial, mère ou père, la transmission ne fait pas de discrimination. Si votre famille a déjà connu des grossesses multiples, l’idée de voir double ne relève donc pas du simple hasard.
Lors des premiers examens du premier trimestre, l’échographie révèle parfois la présence de deux embryons. Parfois, l’un d’eux cesse de se développer avant la douzième semaine : c’est ce que les spécialistes appellent le syndrome du jumeau manquant. Le placenta absorbe alors l’embryon qui n’a pas poursuivi sa croissance, laissant un souvenir discret mais bien réel dans l’histoire de la grossesse.
Types de jumeaux
Dans le langage courant, on évoque souvent les jumeaux, les triplés, et plus rarement, les quadruplés. Pourtant, la génétique ne se soucie guère de ces distinctions culturelles. Scientifiquement, deux grandes catégories émergent : les jumeaux monozygotes (identiques) et les jumeaux dizygotes.
Chez les monozygotes, le scénario intrigue toujours la science : un ovule, fécondé par un seul spermatozoïde, se divise en deux entités distinctes. Résultat : deux enfants au patrimoine génétique rigoureusement identique, partageant aussi le même sexe. Impossible de les distinguer autrement qu’à travers leur personnalité ou quelques détails physiques subtils.
Les dizygotes, eux, voient le jour après la fécondation de deux ovules par deux spermatozoïdes différents. Chaque fœtus dispose de son propre placenta. Ces enfants peuvent être de sexe identique ou non, et leur ressemblance génétique équivaut à celle de deux simples frères ou sœurs : ils partagent environ la moitié de leur héritage.
Maintenant, une question s’impose : la naissance de jumeaux identiques trouve-t-elle racine dans la généalogie ?
Est-il héréditaire d’avoir des jumeaux identiques ?
La science avance prudemment sur ce terrain. Les mécanismes à l’origine d’une grossesse monozygote restent mystérieux. Difficile, dès lors, d’affirmer que la survenue de jumeaux identiques puisse vraiment se transmettre de génération en génération. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que la probabilité de donner naissance à des jumeaux identiques s’établit à 1 sur 250. Ce taux, étonnamment stable à l’échelle mondiale, oscille entre 3,5 et 5 pour mille naissances.
Certaines voix avancent que la génétique familiale, notamment par le biais de la production hormonale, pourrait exercer une influence. Les statistiques révèlent d’ailleurs une fréquence plus élevée de grossesses gémellaires chez les femmes noires, alors qu’en Asie, le phénomène demeure plus rare.
Un cas particulier intrigue également : celui des jumeaux miroirs. Ici, la division de l’œuf intervient tardivement, entre le 9e et le 12e jour après la fécondation. Ces enfants, véritables reflets l’un de l’autre, présentent souvent des caractéristiques opposées : si l’un est droitier, il y a de fortes chances que l’autre soit gaucher.
Est-ce héréditaire d’avoir des jumeaux ?
En matière de jumeaux dizygotes, la transmission génétique s’invite beaucoup plus explicitement. La présence d’un facteur familial augmente d’environ 20 % la probabilité de grossesse gémellaire. Plusieurs éléments entrent en jeu pour expliquer cette tendance.
Pour clarifier la question, voici comment l’hérédité peut intervenir dans la survenue de jumeaux :
- La capacité à ovuler plusieurs fois au cours d’un même cycle peut se transmettre, souvent de la mère ou du père vers leur fille.
- On observe fréquemment une alternance entre les générations. Une femme dont la mère a eu des jumeaux possède par exemple deux fois plus de chances d’en avoir à son tour.
- Si une femme est nièce ou sœur d’une personne ayant eu des jumeaux, ses probabilités augmentent également.
Le schéma familial peut donc sembler sauter une génération, alimentant cette croyance répandue.
Un fait saisissant : chez les Yoruba, au Nigeria, près d’une naissance sur deux serait multiple. Les chercheurs avancent une explication alimentaire : la consommation élevée de patates douces par cette population jouerait un rôle dans cette singularité démographique.
Alors, la génétique, la biologie et parfois même le contenu de l’assiette s’entremêlent pour écrire l’histoire des naissances multiples. À chaque nouvelle grossesse, la loterie familiale continue, et le mystère demeure entier sur la prochaine surprise du berceau.




