Pas besoin d’être un initié pour se heurter à la complexité du développement professionnel continu (DPC) : ce dispositif censé renforcer la qualité des soins s’impose à tous les professionnels de santé. Mais dans la réalité du terrain, qui profite vraiment de cette mécanique institutionnelle ?
Le DPC : à qui s’adresse-t-il réellement ?
Le DPC ne fait pas de distinction entre les établissements : qu’il s’agisse d’un hôpital public, d’une clinique privée ou d’une structure médico-sociale, chacun est sur la ligne de départ. Les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) comme les Centres Hospitaliers (CH) sont concernés, tout comme les hôpitaux locaux ou d’autres établissements du secteur.
Si l’on regarde du côté des métiers, le spectre s’élargit. Le DPC vise aussi bien les médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens ou sages-femmes que tout le vivier paramédical. Voici quelques-uns des professionnels spécifiquement concernés :
- Médecins
- Chirurgiens-dentistes
- Pharmaciens
- Sages-femmes
Le DPC ne s’arrête pas là. Les professions paramédicales l’intègrent pleinement, avec une diversité rarement mise en avant dans le discours institutionnel. On retrouve notamment :
- Aides-soignants
- Puéricultrices
- Masseurs-kinésithérapeutes
- Orthophonistes
- Orthoptistes
- Diététiciens
- Techniciens de laboratoire médical
- Opticiens-lunetiers
- Orthoprothésistes
- Manipulateurs en électroradiologie
Qui peut bénéficier d’une prise en charge du DPC ?
S’engager dans une démarche de formation continue représente un coût, que l’Agence Nationale du DPC (ANDPC) peut parfois alléger. Mais ce coup de pouce ne s’adresse pas à tous sans distinction. Pour y avoir droit, il faut répondre à deux critères précis :
- Exercer plus de la moitié de son activité en tant que professionnel libéral conventionné, ou être salarié dans un centre de santé conventionné
- Faire partie des professions suivantes : masseur-kinésithérapeute, biologiste, infirmier, médecin, orthoprothésiste, orthophoniste, pharmacien, sage-femme, pédicure-podologue ou chirurgien-podologue
Le DPC : simple recommandation ou obligation ?
Impossible d’y couper : la participation au DPC s’impose à tous les professionnels de santé. La loi ne laisse pas de place à l’improvisation. Concrètement, chacun doit, sur une période de trois ans, participer à au moins deux types d’actions DPC parmi l’évaluation des pratiques professionnelles, la formation continue ou la gestion des risques. Faute de quoi, les sanctions disciplinaires peuvent tomber. L’obligation triennale n’a rien d’optionnel.
Action de DPC : de quoi parle-t-on exactement ?
Une action de DPC, c’est bien plus qu’un simple module de formation. Il s’agit d’un programme piloté par un organisme validé par l’Agence Nationale du Développement Professionnel Continu, qui doit obtenir l’aval de la commission scientifique des médecins. Ce programme doit coller à au moins une orientation nationale du DPC et s’appuyer sur une méthode reconnue par la Haute Autorité de Santé. Autant dire que l’improvisation n’a pas sa place.
Comment s’inscrire à une action DPC ?
S’inscrire à une action DPC peut ressembler à un parcours en plusieurs étapes, et ce n’est pas un hasard. Un professionnel bénéficiant d’une prise en charge par l’Agence Nationale du DPC doit d’abord s’enregistrer sur mondpc.fr, puis s’inscrire auprès de l’organisme qui dispense la formation visée. Il doit aussi relever le numéro du programme choisi et activer ses droits à la formation.
Pour celles et ceux qui ne sont pas pris en charge par l’ANDPC, deux voies existent : se rapprocher de leur employeur ou contacter directement l’organisme paritaire collecteur agréé. À chacun de trouver la porte d’entrée qui lui convient.
Comment justifier du respect de l’obligation triennale ?
La validation du respect de l’obligation triennale passe par la déclaration des actions DPC suivies. Cette démarche protège le professionnel contre d’éventuelles sanctions. Pour cela, il suffit de compléter le document de traçabilité disponible sur www.agencedpc.fr. En parallèle, chaque professionnel doit aussi remettre un compte rendu détaillé des actions réalisées à son instance de contrôle. Une formalité qui, sur le papier, paraît anodine ; dans la réalité, elle garantit la reconnaissance de l’effort consenti.
En filigrane, le DPC dessine une carte des soignants en mouvement perpétuel, tenus de se former, de s’évaluer, de rendre compte. Derrière la mécanique administrative, c’est la promesse d’un monde médical qui avance, tiré par ceux qui jouent le jeu, malgré la lourdeur des rouages.


